Quelle sera l’heure de ma mort ? Une saisissante étude révèle que trois tests physiques, très simples à réaliser, peuvent répondre à cette obsédante question !
Si vous préférez ne pas savoir quand vous allez mourir, ⚰️ ne lisez surtout pas cet article !
Vieillir, c’est mourir un peu ?
Toute la littérature scientifique s’accorde aujourd’hui sur un constat : de mauvaises conditions physiques diminuent les chances de survie chez les personnes sédentaires. Ce phénomène semble être un cercle vicieux sans issue : une mauvaise condition physique peut être le reflet de maladies non détectées ; or si l’on est malade, comment pourrait-on améliorer cette condition ?
Pour en savoir plus sur ce rapport entre condition physique et vieillissement 1, les chercheurs de l’University College, à Londres, ont utilisé les données du Centre d’étude national de la santé et du développement pour examiner les liens éventuels entre les résultats à 3 tests destinés à évaluer la forme physique réalisés chez des personnes de 40 ans, et le pourcentage de décès au fil des 13 années suivantes. La condition physique a ainsi été évaluée à travers la force de préhension (il s’agit de serrer son poing le plus fort possible), le temps d’équilibre sur une jambe et avec un oeil fermé, et la vitesse de succession de positions assise à debout (voir encadré).

Allez-vous mourir dans les dix prochaines années ?
• Test de la force de préhension
Si vous ne disposez pas d’un dynamomètre (outil dédié à la mesure de la pression mécanique), vous pouvez réaliser ce test avec un pèse-personne. Serrez de toutes vos forces le plateau avec les deux mains. Le but n’est pas de serrer le plus longtemps possible, mais le plus fort possible : vous pouvez réaliser le test plusieurs fois de suite en serrant d’un coup sec et retenez-en la meilleure performance. Dans l’étude présentée ci-dessus, la pression seuil pour réussir le test était de 54,5 kg.
• Test de succession de positions
Ce test consiste à passer de la position assise à la position debout depuis une chaise un maximum de fois au cours d’une minute. Dans le cadre de l’étude précédente, le nombre de répétitions seuil était de 39 fois pour les hommes et 36 fois pour les femmes pour réussir le test.
• Test de l’équilibre
Tentez de tenir plus de 10 secondes en équilibre sur une jambe en fermant les yeux !
Si vous parvenez à faire ces 3 tests aisément, votre probabilité de mourir d’un problème de santé dans les 10
prochaines années est faible.
Comme pressenti, les résultats de l’étude ont montré que l’incapacité ou la difficulté à réaliser ces tests déterminent clairement la probabilité de survie : statistiquement, les personnes ayant réussi ces tests ont 12 fois plus de chances de survivre dans les 10 années à venir que ceux ayant échoué !
Ces résultats sont bien sûr à remettre en perspective, car cette étude ne fait pas de distinction entre les différentes causes d’incapacité à effectuer les tests : en effet, les personnes souffrant par exemple d’arthrose sévère ne peuvent raisonnablement pas les exécuter avec le même succès, et cela n’indique pas pour autant qu’elles
risquent de mourir prochainement
J’ai échoué aux tests ! Suis-je condamné ?
Ses résultats font indéniablement froid dans le dos ! Si je ne peux pas effectuer ces tests ou si j’ai le sport en horreur, cela voudrait-il dire que je suis condamné ?
Encouragée par ces résultats mais perplexe quant à la pertinence des tests choisis, une équipe de chercheurs américains spécialisés en santé publique a suivi pas moins de 1680 participants qui se sont vu équiper d’un accéléromètre pendant 7 jours consécutifs afin de mesurer précisément l’évolution de leur activité physique. Objectif : déterminer quel degré d’activité physique est nécessaire pour bien vieillir et réussir les 3 tests le plus longtemps possible. Et les résultats sont surprenants : les personnes qui s’activent vigoureusement à de petites tâches quotidiennes – comme faire le ménage, téléphoner ou préparer à manger – conservent la forme beaucoup plus longtemps que les sédentaires adeptes du canapé. Autrement dit : si vous n’êtes pas en mesure d’augmenter votre activité
physique pour des raisons de santé ou que vous détestez le sport, tout n’est
pas perdu : désormais, vous verrez sans doute d’un autre oeil votre table à repasser et votre balai ! Mais en ce qui concerne le maintien d’une santé cardiaque et intellectuelle optimale au fil des années, toutes les études sont unanimes : faire un peu de sport chaque semaine est idéal. Le simple fait de courir 60 minutes par semaine, soit seulement 8 minutes par jour, augmente l’espérance de vie en bonne santé de 3 ans 3,4.
Alimentation ou activité physique pour conserver la santé ?
Pour prévenir les maladies cardiovasculaires, on pense immédiatement à adopter un régime alimentaire sain.
Pourtant, une étude menée sur 32 000 femmes et qui a comparé l’impact de la consommation de tabac, l’absence d’activité physique, le surpoids et l’hypertension sur le risque de maladies cardiaques, vient de conclure que le facteur le plus protecteur est, de loin, l’activité physique. Autrement dit, pour prévenir ces maladies il est plus efficace de faire du sport, même en ayant une alimentation non optimale, que d’avoir une bonne alimentation sans faire de sport. L’absence d’activité physique triple le risque de développer une maladie cardiovasculaire à la vingtaine et le double à la cinquantaine.
Deux heures et demie de sport par semaine sont nécessaires pour préserver des artères en bonne santé.
Avez-vous 150 minutes par semaines pour votre future qualité de vie?
Deux heures et demie de sport par semaine sont nécessaires pour préserver des artères en bonne santé.
Plus on fait d’activité physique, plus le bénéfice est élevé, jusqu’à 30 à 45 minutes d’activité physique d’intensité modérée à intense, 5 fois par semaine. En faire beaucoup plus n’apporte pas de bénéfice perceptible.
Des sports d’intensité modérée sont par exemple la natation, la randonnée, le vélo ou la course à pied.
Arrivées à l’âge de 50 ans, les personnes qui ont fait le plus d’activités physiques sont aussi celles qui souffrent le moins de problèmes cognitifs (mémoire, attention, etc.) et de problèmes physiques (arthrose, diabète, etc.) 6.
RÉFERENCES:
2. D. D. Dunlop, J. Song, P. A. Semanik, L. Sharma, J. M. Bathon, C. B. Eaton, M. C. Hochberg, R. D. Jackson, C. K.Kwoh, W. J. Mysiw, M. C. Nevitt, R. W. Chang. Relation of physical activity time
to incident disability in community dwelling adults with or at risk of knee arthritis: prospective cohort study. BMJ , 2014; 348 (apr286): g2472.
3. Lee D-C. Leisure-time running reduces all-cause and cardiovascular mortality risk. J Am Coll Cardiol 2014; 64: 472-481.
4. Wen CP, et al. Minimal amount of exercise to prolong life to walk, to run, or just mix it up? J Am Coll Cardiol 2014; 64: 482-484.
6. A nderson, Debra et al. Can physical activity prevent physical and cognitive decline in postmenopausal women? Maturitas. 2014/07/13.